Ensauvagement et Furie avec Eric Marchal chaque dernier mercredi du mois a lyon
vendredi 2 septembre 2011, par Eric Marchal
revenir aux sources du Chamanisme,à son essence, avant même sa structuration...
Je ne sais pas ca qui va se passer ce soir là non plus. Je sais juste dans quel état je vais me mettre pour commencer, comment la danse-transe va m’y emmener...
... ensuite ?
Ensuite, il se peut que dans cet état, au delà de moi, je donne un soin chamanique à certains, que je parle a d’autres, que quelque choses de transpersonnel nous emporte... ou je ne sais quoi. Selon le voyage chamanique que je ferai, selon la guidance que je trouverai, selon ce qui me sera soufflé (pour ne pas dire prendra possession de moi, ... non ne pas dire cela)
Ce n’est pas un spectacle !
ce n’est pas une conférence !
ce n’est pas un atelier !
c’est un "ensauvagement"...
Pour ces séances d’ensauvagement chamanique, je serai accompagné par Hanane Roughi (La Belle Donne) pour son travail sur la voie, le chant, la musique, la transe, l’accompagnement par la vibration sonore...
Eric Marchal -
plus d’infos sur mon site : http://www.les-forges-de-sylva.info/chamanisme-forges-sylva.php
- RDV : chaque un mercredi par mois environs
Mercredi 28 septembre 2011 à 19h
Mercredi 26 octobre 2011 à 19h
Mercredi 30 novembre 2011 à 19h
pas d’ensauvagement prévu en décembre !
dates 2012 :
Mercredi 15 février à 20 h
du 22 au 25 mars : plusieurs ensauvagements prévus au 5ème festival de chamanisme de Trimurti
autres villes, prochaines dates.... bientôt retrouver toute l’info ici...
Participation
participation libre !
(tarif indicatif : 20 euros. Vous payez en conscience, en tout anonymat et à la fin de la séance, en fonction de ce que vous pouvez, et de ce que vous avez reçu. Si vous donnez 20 euros, c’est bien. Si vous donnez le double c’est bien. Si vous donnez la moitié ou même un euros symbolique, c’est bien... C’est vous qui savez ce qui est juste !)
Texte écrit par Siggy à la suite de l’ensauvagement du 12 mars 2011 :
Je viens de toucher un champ frémissant, un éclat de rêve, je viens de regarder par l’intérieur du corps mes lianes cosmiques.
Avec une sauvage volupté, tu viens d’éveiller mon corps aux premiers rites d’ensauvagement,
Rêves archaïques, corps déchaînés, sueurs brûlantes, âmes conscientisées, les corps font ré-émerger l’ancestrale animalité.
Je suis invitée à entrer dans le cercle de protection
Tu sondes dans le labyrinthe des tripes et des larmes, du sang et des gestes, ce qui fait obstacle, ce qui s’est agglutiné dans l’ombre, ce qui fait peur, ce qui met en fuite,
Là, soudain, sensations sourdes d’emprise, d’assauts de densité voisinant avec le plaisir. Tes mouvements fulgurants me permettent de sillonner les nervures de ma mémoire avec la voix, les râles, les sons rauques, la bave.
Je capte une forme de combustion animale, un esprit sauvage enfoui.
Je me laisse glisser, coulisser, descendre le long de l’ossature, je sens les écorces internes, les fibres, les nœuds, les bifurcations de mes racines et de mes membres. Vibrantes perceptions des organes, eux-mêmes se dilatent dans le présent de la relation et s’allongent vers les ramures du ciel.
Envoûté par l’âme des forets, je me laisse aller vers un monde qui m’est inconnu, un monde ou se révèlent, se dévoilent et se mettent à nus des frénésies solaires et lunaires, des grappes de mémoires corporelles gondolées, cassantes, inflammables sous l’écho strident de ta présence.
La rencontre du poids de ton corps ensauvageant, de ses modulations de présence, des mains guérisseuses, la rencontre avec ces deux intimités m’aide à arpenter mes paysages intérieurs. La morsure sauvage de cette transe convertie les échelles somatiques et psychiques. Par sa prodigieuse vivacité, elle fait ressurgir des animaux alliés, indomptés : étranges matières charnelles et charnues, je me trouve en terre étrangère avec un corps de fauve. Cette transe animale lèche mes plaies comme une bête se soigne.
La guidance de tes mains, de tes gestes, de tes mouvements bienveillants me transforme,
Je suis soulevée, retournée, transfigurée, recomposée par un lien touchant aux espaces d’une rage cosmique.
Le tempo du souffle, des tambours, m’incite à retrouver la ferveur de la vie, la jouissance de l’inattendue, la grâce de l’imagination, les battements intimes du cosmos.
Animalité du corps retrouvé, animalité des mémoires habitées,
Tant de choses invisibles soudainement révélées,
L’animal ensauvagé crée une membrane charnelle, un réseau perceptible qui réjouit et rejoint la plénitude. Mon corps se régénère, se re-énergétise, il reprend sa forme essentielle proche de l’âme infinie.
Pétrie par cette danse intuitive et aiguë, je renais à moi-même entre tes mains, elles unissent mes agrégats corporels et spirituels vers une matrice métaphysique de vie.
Ces mondes intérieurs visités, délestés et remodelés trouvent un chemin céleste pour s’incarner. Sensations vives d’avoir vécu proche du sacré.
Le terme même chamanisme a été construit à partir du mot ‘saman’ utilisé par les Toungouses, pour dire 2 choses en même temps :
« celui qui sait »
celui qui « bondit, s’agite, danse ».
depuis le « Je est un autre » de Rimbaud, jusqu’au "je ne sais plus, que je sus ce que c’était" de Beckett.
" Étrange et anormal, oui. Le statut de chaman-possédé exige des potentiali- tés hors norme parce que, comme le dit l’auteur, « la possession, comme le chamanisme, marque effectivement le temps de l’irruption du sauvage dans l’ordre de la cité ». « Ensauvagement », désordre : le chaman-possédé en est le maître. Ces forces, puissamment sous le sceau de l’ambivalence et avec lesquel- les il « joue », qu’il se doit de maîtriser en permanence, il est là pour leur donner sens. Il se tient entre la nature et la culture. Il se meut dans une sphère très singulière et va donc être perçu par sa propre société de manière très ambiguë.
Il ne peut prétendre à un statut ordinaire. Il vit sur les marges. La société le craint, le respecte, le sollicite, le tient à part, le méprise et le redoute. Le far- deau est lourd à porter, mais son efficacité est à ce prix. Il est « étranger dans la cité ». Mais, « si le chamanisme et la possession doivent être étroitement associés à la marginalité transgressive, il s’agit toujours d’une marge intérieure.
C’est la raison pour laquelle la reconnaissance de l’efficacité thérapeutique des cultes est largement partagée au sein de toute la société, au-delà des frontières sociales et religieuses »,
cf : Bertrand Hell, "Possession et chamanisme. Les maîtres du
désordre", Paris, Flammarion, 1999.
L’âme a la faculté de quitter le corps, chez les gens ordinaires, comme chez le chamane et le héros épique. Chez les gens ordinaires, elle le quitte à certains moments particuliers : pendant le rêve, l’ivresse et la maladie. Ils ne sont pas contrôlés. Chez le chamane, le départ de l’âme se voit au cours de la maladie initiatique (absence d’âme), au cours de la furie pendant la séance chamanique (ensauvagement selon Roberte Hamayon), au cours de son voyage dans le monde des esprits (l’extase de Mircea Eliade). Il réalise ici-bas et autant de fois qu’il le désire la "sortie du corps".
cf Wikipedia
3. Les marques du désordre 3.1. Rituels : furie et altérité
Lors des rituels, celui qui fixe la vérité le chaman n’est pas qui parle, mais l’entité qui s’exprime à travers lui. Pour être acceptable, la vérité doit être impersonnelle, déshumanisée. Le rituel crée un espace sémantique propre, de nature à opérer ce passage entre l’acte de communication et l’acte de métacommunication. Dans cet espace, le chaman possède un pouvoir dont il ne jouit pas dans la vie quotidienne.
Les rituels sont construits selon un scénario précis qui permet de mettre en scène le pouvoir du chaman/possédé sur les esprits ainsi que la réalité de sa captation du surnaturel. S’ensauvager, puis devenir autre sont les temps forts de cette démonstration publique. Toute l’efficacité et la légitimité de la parole inspirée en découlent.
L’ensemble du rituel se présente comme un espace de transgression, de subversion. Le climat d’anarchie est consubstantiel au rituel. Il affecte aussi le code des prééminences : dans l’espace dévolu à la possession, nobles, membres des classes supérieures, forgerons, artisans et anciens esclaves se côtoient librement. Bien plus, la cérémonie repose sur un processus d’inversion du pouvoir.
3.1.1. La furie
Les manifestations de la furie et de l’altérité des adeptes sont frappantes.
Que la conscience du chaman/possédé soit ou non altérée par un mécanisme psycho-physiologique ne modifie en rien le déroulement du rituel type. La logique symbolique prédomine. Elle donne son sens premier à tous les actes, si délirants puissent-ils sembler.
Les élus de la surnature se voient donc, dans un premier temps du rituel, emportés par une force supérieure lors d’une lutte difficile et douloureuse. Cette phase met en scène la victoire des esprits sur l’homme.
Les accès de furie de l’élu des esprits marquent un épisode obligé du cérémonial. Le déchaînement est aussi bien verbal que gestuel. La furie des élus peut être contagieuse dans l’assistance. Des accidents peuvent survenir.
Il appartient à cette scénographie rituelle de rappeler un principe récurrent : on ne s’allie pas avec la surnature de son plein gré.
La bête figurée lors de la rage n’est jamais paisible : sa sauvagerie est toujours débordante. On peut y voir un noyau irréductible du chamanisme. Le registre des métamorphoses inclut de nombreux personnages, mais le motif de l’ensauvagement est primordial.
Cette furie n’est pas étrangère à une certaine énergie sexuelle, à une vigueur génésique. Autant durant le rituel que dans la vie de tous les jours l’omniprésence de cette sexualité débridée est sensible.
3.1.2. Le contrôle de l’initié
Pour débordante et dangereuse qu’elle soit, la force d’ensauvagement ne saurait submerger totalement le chaman/possédé. A lui, donc, après cette première phase du rituel, de démontrer son pouvoir de contrôle.
Même au moment le plus paroxystique du déchaînement, il est possible de suivre l’inscription de la gestuelle dans le strict cadre du rituel. Ceci soulève la question de la sincérité : savoir si tout ceci n’est pas du théâtre, de la mise en scène.
Ces signes de contrôle renvoient à plusieurs registres. En premier lieu, celui de la grammaire propre à chaque rituel. Par exemple, au regard de cette grammaire du rituel, le corps qui danse n’est pas libre de ses mouvements. En second lieu, le registre du respect des conventions sociales du rituel.
Les signes de contrôle les plus spectaculaires sont incontestablement ceux démontrés lorsque l’allié des esprits « offre » son corps. Les exploits physiques, proches du fakirisme, contribuent à l’efficacité du rituel et sont un rouage de l’adhésion collective. Nul initié ne saurait revendiquer une alliance aboutie avec les génies les plus forts s’il n’est en mesure d’en apporter une preuve par le corps.
3.1.3. L’altérité
Pour exprimer l’idée d’une métamorphose de l’élu des esprits, bien des rituels adoptent des mises en scène spectaculaires : costumes, altération du caractère visible à travers des expressions exagérées, façon de se mouvoir, changement de façon de parler (vocabulaire, tonalité, ou même langue, rendant parfois les propos inintelligibles), … Ces altérations vont parfois au-delà des limites physiques : une initiée vieille et ayant du mal à se mouvoir se met à danser gracieusement, … Parfois un même initié connaît plusieurs possessions successives, avec des « personnages » clairement différents à chaque fois.
Le chaman, lui, ne se contente pas de voyager dans le monde de la surnature et de gravir l’échelle du monde. Une phase essentielle du rituel consiste en une incorporation d’esprits qui « descendent » dans son corps. Les entités appelées par les chants et le tambour prêtent à une scénographie identificatoire tout aussi affichée et lisible que dans les cultes de possession.
L’identification profonde du chaman avec les esprits animaux conduit à la croyance en une transformation définitive après la mort.
3.1.4. Autres éléments
Les paroles des chamans et des possédés recèlent une force intrinsèque. Certaines paroles, certains noms, ont un pouvoir.
La force détenue par le nom même des esprits, par les invocations chantées, émane directement du souffle de la surnature. La possession est explicitement associée à une intrusion d’air dans le corps, le possédé est animé d’un souffle nouveau.
Dans toutes les techniques de transe et de modification de conscience on retrouve cette importance du souffle.
La symbolique de la nuit est particulièrement importante. L’opposition entre le jour (temps du prêtre) et la nuit (temps du chaman/possédé) s’inscrit, en la renforçant, dans le droit-fil de la séparation entre Sauvage et Domestique.
3.2. Vivre sous le signe du contre-monde
Le chaman/possédé doit disposer d’une autorité car l’élu des esprits est aussi l’élu du groupe social. Il a délégation pour incarner la collectivité dans la relation établie avec la surnature, mais aussi le pouvoir pour imposer sa parole à chaque membre de la communauté.
Sa compétence doit être large, car le logos du chaman/possédé est aussi bien prophétie et révélation, bénédiction et protection que dénonciation et admonestation, ou encore diagnostic et prescription thérapeutique.
cf : http://www.systerofnight.net/religion/html/possession_chamanisme.html
et pour terminer je ne résiste pas au plaisir de partager avec vous cette usurpation :
Au XVIIIe siècle, le terme « chamane » fut emprunté au toungouse par l’Archiprêtre Avvakum. Il est composé de la racine altaïque şam- signifiant « s’agiter, sauter, bondir tout en remuant le postérieur » et du suffixe –man qui signifie « puissant savoir du sage » chez les Iakoutes. Aussi, selon Bertrand Hell, le şàāman’ est, soit « le sage qui sait par le fait même de bondir et de s’agiter », soit « l’agitateur qui, postérieurement, sait rebondir pour devenir sage », soit « le bondissant qui sait comment agiter sagement le postérieur ».
http://desencyclopedie.wikia.com/wiki/Chamanisme_iakoute_du_Dieu_Poney