par Jean Claude Laurent ANQUETIL de l’Association ANCESTRAL
jeudi 1er novembre 2007, par Eric Marchal
A l’heure actuelle la fête de Noël d’essence chrétienne est devenue une immense foire commerciale, célébration de l’hyper- consommation de masse.
Nous sommes bien loin de l’humble petit frère François d’Assise, refondateur au 13ème siècle de la fête de Noël , à qui l’on doit la première crèche, en 1223, au village de Greccio. Auteur également du "Cantique des Créatures", appelé aussi "Cantique au soleil", François d’Assise évoque Dieu à travers la nature, le soleil, les étoiles (tout l’univers) et "toutes ses créatures".
Cette vision panthéiste, mystique et poétique, du christianisme n’arrivera jamais à contrebalancer l’instrumentalisation du concept de masse prosélyte et évangélisateur « un seul dieu pour une seule humanité » obsession que cristallisent les religions d’inspiration chrétienne, et par la suite musulmane. Ce concept moniste entraîne dans son sillage une conception mentale du monde qui va toujours vers l’abstraction, le concept globalisant d’une divinité unique d’où tout découlerait.
Les différentes phases de l’histoire humaine, nous indiquent qu’à chaque fois, quand une telle conception du monde se met en place, c’est au détriment de la diversité de la pensée plurielle et au préjudice des cultures singulières, ce qui, par contre-coup, induit l’altération de la diversité naturelle de l’environnement. Les trois grandes « religions du livre » se sont toujours désintéressé de la nature en tant que telle ; elle sert seulement de décor, dans le théâtre de la relation de Dieu avec l’homme.
L’homme étant fabriqué à l’image de Dieu et vice versa, les animaux y seront toujours traités en inférieurs, considérés comme sans esprit, sans âme, et pour beaucoup porteurs de toutes les tares et les aspects diaboliques et bestiales du "Malin " : Serpent de la tentation, bouc de Lucifer, Veau d’or, etc., la liste est longue. / Voir le livre de Michel Pastoureau « l’Ours, Histoire d’un roi déchu » paru au Seuil.
L’animal est donc facilement sacrifiable sur l’autel de cette vision manichéiste, dans un contexte où les lieux sacrés antiques celtiques ou chamaniques, liés à une pratique dévotionelle, s’opposaient ou faisaient de l’ombre, par leur existence même à la théorie d’un dieu unique. La mentalité occidentale est imprégnée de ce concept d unicité qui s’est décliné au cours de l’histoire moderne dans différentes et terribles idéologies politiques. Centrées sur un universalisme globalisant ces idéologies ne peuvent intégrer un concept qui sûrement les détruirait, celui de la diversité, de l’acceptation de la qualité singulière des êtres et la possibilité de l’existence d’autres mondes possibles ou d’autres devoirs et droits que ceux qu’elles édictent.
Aujourd’hui comme nous le voyons à Noël, le nouveau "Dieu", c’est l’Economie , avec aussi sa pensée unique, ses hypermarchés, la mondialisation concurrentielle, parée de ses guirlandes électriques. La pensée occidentale brille ainsi de milles feux sur toute la planète ; technologique et marchande, fruit de la rupture dès la Renaissance, de l’église et de la science. Conséquence du « deal » implicite passé entre les pouvoirs de cette époque, de l’église et des premiers observateurs de la nature physique du monde, contrat tacite qui consistait à dire : « Laissez nous faire notre science, nous ne nous occuperons pas de religion, ni de votre pouvoir et sachez également que nos découvertes seront au service du plus puissant, l’état. »
Cette pensée unique maintenant universellement répandue sur la planète, suite à la colonisation occidentale du monde, s’oppose frontalement sans respect pour la nature, par la destruction de l’environnement et la désintégration des cultures traditionnelles. Le chamanisme exprime donc tout le contraire de cette conception particulière et dangereuse du monde. L’ancestralité accepte comme fondement la diversité, re-scelle un pacte de fusion avec la nature et l’espace énergétique, animale, pulsionnelle et vitale de notre corps physique. Elle réintègre l’homme comme un élément de la nature cosmique et oriente positivement vers un changement de sagesse ce bipède brutal, orgueilleux, faussement rationnel, prédateur irrespectueux de ses semblables, de ses frères animaux et de ses sœurs les plantes.
Par le « Cantique aux créatures » l’humble et simple petit frère ermite, François d’Assise exprime à la fin du Moyen- âge une vision cosmique de l’âme et du cœur qui n’a pas réussi pleinement à émerger, dans l’histoire spirituelle de l’Europe, alors qu’il vivait en amitié parmi les bêtes, les oiseaux et les loups dans les collines de l’Ombrie..
Jean Claude Laurent ANQUETIL Noël 2007
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