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Les Iroquois et le rêve chamanique

voyager avec le coeur

lundi 17 novembre 2008, par Eric Marchal


Les Iroquois et le rêve chamanique
- Robert Moss
- Editions Vega - Chamanisme
- plus d’info sur le site des éditions Tredaniel

quelques extraits :

Voyager avec le coeur (p. 97)

Le chaman du Cœur m’a confirmé que c’est avec le cœur, et non avec la tête, que nous devons chercher la vraie sagesse et le vrai courage. A mesure que mon travail d’instructeur des rêves évoluait et gagnait en profondeur, je dirigeais de plus en plus de voyages centrés sur le cœur.

Je réunis un cercle de rêveurs dans la belle forêt à l’ouest du Connecticut et les invitai à ouvrir leurs cœurs et à laisser la lumière du désir de leur coeur les mettre en présence d’un guide spirituel, d’un ami de leur âme, le plus élevé qu’ils puissent concevoir à ce stade de leur vie.

J’empruntai les mots de Suhrawardi, un maître persan des voyages du cœur vers l’âme de l’âme, habitué à voler dans les royaumes imaginaires :
- Lève le voile des ténèbres de mon cœur
- Montre-moi la gloire de ta face resplendissante

Je dis au groupe : « Que l’aspiration pour le bien aimé de votre âme, pour l’ami qui ne vous quittera jamais, s’écoule en un rayon de lumière de votre cœur et s’élève le plus haut possible. Suivez cette lumière qui sort de votre cœur. Si vous montez assez haut, vous rencontrerez la réponse en une flamme descendue des cieux qui vous touchera comme un long doigt de lumière. Là ou la lumière de votre cœur croisera le feu venu du cosmos, vous rencontrerez peut être le maître de votre vie. »

Dès que je me mis à battre le tambour, j’entrai dans un état de conscience amplifié. Je restais conscient de mon corps, maintenant le rythme du tambour tout en tournant à l’intérieur du cercle, me déplaçant entre les jambes allongées, évitant la forêt des bougies et d’objets de pouvoir posés sur le tissu d’autel matelassé que j’avais étalé au centre. Je contrôlais notre espace psychique, surveillant son évolution avec l’aide de nos esprits gardiens, observant les mouvements d’énergie à l’intérieur et autour du cercle. Je faisais en sorte de maintenir ouvert un tunnel de vision qui s’élançait dans l’espace du cosmos ; debout à l’intérieur de ce tunnel, c’était comme de se tenir dressé à l’intérieur d’une immense flèche de cristal resplendissante de myriades de lumières. Mon esprit restait centré sur le rêve de chaque participant pour observer si tout allait bien et donner un peu d’encouragement ou relancer l’énergie quand il le fallait.

Rever est thérapeutique (p.234)

Un médecin qui a beaucoup étudié avec moi prescrit à ses patients aussi bien des rêves que des médicaments : « Ecrivez votre intention de vous souvenir d’un rêve ou deux d’ici votre prochain rendez-vous, et apportez la description de ces rêves. » Docteur Bob dit que les dépressifs tirent d’énormes bienfaits du seul fait d’accepter de prendre contact avec leurs rêves, et qu’à partir du moment ou ils le font, ils peuvent être sevrés de leurs traitements beaucoup plus vite que la normale. Les patients qui ont des problèmes physiques reçoivent souvent eux aussi de l’aide en rêve, de façon les plus variées, que ce soit un conseil diététique et de compléments alimentaires, ou la venue d’un animal gardien qui procure une relance d’énergie et le frisson de se brancher sur une dimension profonde.

Un autre médecin parmi mes connaissances, une femme de l’Alaska qui descend d’une façon ou d’une autre des indiens Arthapaskan, vont suivre un de mes programmes : elle avait rêvé que deux de ses grand mères lui disaient qu’elle devait venir à l’atelier à l’un de mes ateliers afin de « rencontrer l’ours ». Au cours de cet atelier bien particulier, qui eut lieu en février en Oregon, je fis voyager le groupe au fond d’un espace caverneux sous les racines d’un vieil arbre. Notre intention était de pénétrer dans les rêves de l’Ours en pleine hibernation et de découvrir à quelle nouvelle vie créative nous pourrions donner naissance pour la relâcher dans le monde au printemps, à la saison ou ohkwari accouche de l’ourson qui a grandi en son sein pendant la période sombre de l’année. Donna entra dans le sein d’Ours puis Ours entra en son sein ; elle se vit en train de libérer son soi-Ours pour qu’il aide et soigne. Bon, les patients qui ont la chance de connaître son cabinet ont droit au meilleur de la médecine moderne- en même temps qu’au pouvoir de guérison d’Ours.

Les rêves nous aident à nous soigner et à aligner le corps, le mental et l’esprit d’une multitude de façons. Les rêves nous avertissent de problèmes qui risquent de se développer à l’intérieur du corps avant même que les symptômes physiques soient détectés. En en tenant compte, nous pouvons souvent traiter un problème de santé avant qu’il n’atteigne une phase critique et éviter ainsi de douloureuses et coûteuses interventions.

(p. 278)

A travers les siècles, beaucoup de nos plus grands poètes ont reconnu leur parenté avec la manière dont le chamanisme déplace la conscience et transforme les formes d’expression de la réalité. Comme nom spirituel, Goethe a choisi le nom d’un chaman légendaire de l’antiquité, Abaris, qui arriva des brumes septentrionales en volant sur une flèche de lumière d’Apollon.

Nos poètes primitifs étaient des chamans. De nos jours, comme aux époques primitives, les vrais chamans connaissent le pouvoir du chant et du conte pour enseigner et soigner. Ils comprennent qu’à travers le jeu des mots, la magie du Monde Réel vient danser dans le monde de la surface. Les mots justes ouvrent des chemins entre les mondes. La poésie de la conscience enchante l’esprit. Elle attire les dieux et déesses qui désirent vivre à travers nous.

Les chamans utilisent la poésie, chantée ou récitée, pour réaliser des objectifs qui vont plus loin que notre monde établi. Ils créent des chants poétiques de pouvoir pour invoquer l’aide spirituelle, pour voyager dans la réalité non ordinaire, pour ouvrir et maintenir un espace entre les mondes ou puisse exister l’interaction entre les humains et les êtres multidimensionnels, et pour en rapporter énergie et guérison au corps et au monde physique.

Pour les iroquois, chanter est « déclencher votre pouvoir ». Comme Femme Tortue me l’a appris, un chant peut être un véhicule pour faire passer la guérison et la magie du monde onirique dans le monde physique. Comme je l’ai découvert en trouvant le chant qui m’a ouvert le cœur de la Mère Primordiale, un chant peut aussi être une clé pour ouvrir les mondes oniriques. Comme les chamans sud-américains appelés payé, les voyageurs oniriques exercés prennent leur envol à l’aide de « chants ailés ».

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