Edito : « On ne brûle plus vraiment les sorcières... je crois »
Mais s’il prenait l’idée farfelue à l’un d’entre nous de travailler avec les plantes, le diplôme d’herboriste ayant été supprimé arbitrairement en France en 1941, le lobby pharmaceutique ne manquerait pas de le rappeler à l’ordre.
De même en aucun cas il ne serait concevable de travailler en France avec des plantes sacrées, des plantes de pouvoir ou des plantes anthéogènes, pourtant utilisées depuis des milliers d’années partout sur terre, car heureusement la Mildt [1] veille. (Même si les scientifiques s’accordent de plus en plus à penser que l’évolution humaine n’a pu se faire sans la transe avec absorption probable de plantes psychotropes. Voir l’article de Jean-Patrick Costa sur Soleil Levant en cliquant ici )
Heureusement qu’aucun chaman digne de ce nom n’ose encore prodiguer des soins (ou pire aider à guérir des gens) car sinon l’ordre des médecins, seul détenteur actuel de la santé publique et responsable de la santé de chacun de nous, l’attaquerait immédiatement pour exercice illégale de la médecine.
Et si d’aucun se risquait à se réunir pour partager et célébrer ensemble leurs rituels, la Mivilude [2] se chargerait de les faire rentrer dans le rang... (Lire l’entretien de Janine Tavernier au journal Le monde en cliquant ici )
Bref, rien de nouveau...
... ah si ; j’ai failli oublier le petit dernier ;
Pour votre sécurité, il est bien sûr interdit, de partir avec votre association rencontrer des chamans chez eux, ailleurs qu’en France. La Dgccrf [3] alertée par le Snav [4] vous rappellerait que seul le Club-Med et ses amis sont habilités à organiser ce genre de voyage.
Veuillez excuser le ton sarcastique de cet édito... C’est que les attaques font feu de tout bois ici bas ! J’entends bien les raisons d’Etat et les raisons de protection individuelle ou protection corporatiste qui sont à l’origine de cet état de fait actuel en France. Cependant, je ne peux m’empêcher de penser que l’objectif de tout cela n’est pas toujours la protection et le bien être des individus. Et je louche avec envie sur certains voisins européens qui n’ont pourtant pas le mot « liberté » au fronton de leurs mairies. Et voilà que je me prend aussi à rêver de bons sens, de travail en collaboration, en toute bonne fois et en bonne intelligence avec les différents investigateurs sités plus haut (on peut rêver non ?).
En attendant des vents meilleurs, a-t-on d’autres choix que de marcher sur sa voie en étant dans la peur, d’entrer en clandestinité ou d’abjurer ? (« et pourtant elle tourne »)
Oui ! Car un village peuplé d’irréductibles Gaulois résiste encore et toujours... Et c’est presque comme un pied de nez que parait aujourd’hui le programme du 3ème festival « célébration du chamanisme » à Trimurti ...
et ils ne sont pas les seuls, (voir que la colonne de droite)
Car si « C’est une erreur de croire nécessairement faux ce qu’on ne comprend pas. » - Gandhi, « Croire en quelque chose et ne pas le vivre, c’est malhonnête. » -Re-Gandhi. Et enfin, « D’abord ils vous ignorent, ensuite ils vous raillent, ensuite ils vous combattent et enfin, vous gagnez. » Re-re-Gandhi.
Eric Marchal, (parfois un peu lasse...)
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« Les habitants de Paris sont d’une curiosité qui va jusqu’à l’extravagance. Lorsque j’arrivai, je fus regardé comme si j’avais été envoyé du ciel : vieillards, hommes, femmes, enfants, tous voulaient me voir. Si je sortais, tout le monde se mettait aux fenêtres ; si j’étais aux Tuileries, je voyais aussitôt un cercle se former autour de moi ; les femmes mêmes faisaient un arc-en-ciel nuancé de mille couleurs, qui m’entourait. Si j’étais aux spectacles, je voyais aussitôt cent lorgnettes dressées contre ma figure : enfin jamais homme n’a tant été vu que moi. Je souriais quelquefois d’entendre des gens qui n’étaient presque jamais sortis de leur chambre, qui disaient entre eux : Il faut avouer qu’il a l’air bien Chaman. Chose admirable ! Je trouvais de mes portraits partout ; je me voyais multiplié dans toutes les boutiques, sur toutes les cheminées, tant on craignait de ne m’avoir pas assez vu. > > Tant d’honneurs ne laissent pas d’être à la charge : je ne me croyais pas un homme si curieux et si rare ; et quoique j’aie très bonne opinion de moi, je ne me serais jamais imaginé que je dusse troubler le repos d’une grande ville où je n’étais point connu. Cela me fit résoudre à quitter l’habit Chaman, et à en endosser un à l’européenne, pour voir s’il resterait encore dans ma physionomie quelque chose d’admirable. Cet essai me fit connaître ce que je valais réellement. Libre de tous les ornements étrangers, je me vis apprécié au plus juste. J’eus sujet de me plaindre de mon tailleur, qui m’avait fait perdre en un instant l’attention et l’estime publique ; car j’entrai tout à coup dans un néant affreux. Je demeurais quelquefois une heure dans une compagnie sans qu’on m’eût regardé, et qu’on m’eût mis en occasion d’ouvrir la bouche ; mais, si quelqu’un par hasard apprenait à la compagnie que j’étais Chaman, j’entendais aussitôt autour de moi un bourdonnement : " Ah ! ah ! monsieur est Chaman ? C’est une chose bien extraordinaire ! Comment peut-on être Chaman ? » Détournement joviale de la Lettre 30 : Comment peut-on être Persan ? (1721) Montesquieu.
[1] Mission interministérielle de la lutte contre la drogue et la toxicomanie
[2] Mission Interministérielle de VIgilance et de LUtte contre les DÉrives Sectaires
[3] Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes
[4] Syndicat National des Agence de Voyages