Edito : Écologie et spiritualité ?
La mode est au vert !
Après « Home » de Yann Arthus-Bertrand, et en attendant « le Syndrome du Titanic » de Nicolas Hulot et Jean-Albert Lièvre, on ne peut que s’en réjouir...
Du coup, on nous en sert à toutes les sauces (publicité, politique, économie, grenelle, ...) et notre vocabulaire se teinte ainsi de cette couleur à grands coups de mots psalmodiés comme : « bio », « durable », « recyclable », etc ...
On pourrait s’en réjouir, encore (on devrait) !
Mais, l’on sait aussi que, par essence, ce qui est à la mode aujourd’hui, sera démodé demain. Qu’arrivera t’il alors, quand sera venu l’indigestion (proche) de ces plats que l’on nous sert, et qui, s’ils ont encore la couleur verte, n’en sont pas moins déjà insipides. (voir les exemples de pubs décortiquées par « Alliance pour la planète »).
L’écologie devenue « has-been » risque de devenir une question de morale, de devoir, de limitations, de taxes et d’obligations. Voilà qui est peu ragoutant ...
André Malraux pariait sur un XXIème siècle spirituel et Claude Degryse y associe une forme particulière d’écologie : « Ce n’est donc pas par une écologie matérialiste que nous lutterons contre le matérialisme mais en inscrivant le sursaut écologique dans une perspective qui lui tourne résolument le dos, c’est-à-dire en retrouvant la dimension spirituelle naturelle de notre conscience et de notre rapport à la terre et à la vie. Or, quelle voie spirituelle est plus proche et plus respectueuse des lois immuables de la nature que le chamanisme ? »
En effet, nul n’est besoin de convaincre, et encore moins de contraindre de l’extérieur celui qui a communier intimement avec la nature. Celui qui a senti dans ces veines la sève de son frère végétal, celui qui a vu d’un peu plus haut avec les yeux du faucon les ravages de la pollution, celui qui a entendu le feu et le tonnerre dans son coeur, celui qui a gouté aux délices de baigner en conscience dans le grand tout...
Celui là sait, au plus profond de son être, qu’il fait « un » avec toutes les formes de vie sur terre. Et il peut tirer de cette extase une grande sagesse, de celle dont nous avons besoin aujourd’hui, de celle qu’on utilise pas à de petites fins, de celles qui ne passent pas de mode... car au delà...
Eric Marchal